Publié par : YN | 18 avril 2008

Les touaregs et le désert

Lu dans Libération :

Entamer une série sur les territoires en parlant d’un peuple nomade confronté à une logique de gestion de l’espace créée par des sédentaires, c’est presque commencer par la fin. Mais il y a des articles que l’on ne peut pas laisser passer car il y est fait appel à de nombreuses notions de ce qu’est un territoire.

Mais il montre avant tout qu’un territoire c’est quelque chose de vécu, qui n’a pas nécessairement des limites fixes et que les limites peuvent varier en fonction du temps et de intérêts.

Le conflit décrit ici repose entre autre sur des relations au territoire différente et sur des imbrications de territoires qui ne coïncident pas entre 2 peuples. Un territoire serait l’espace dans lequel vit un peuple.

Le partage et la souveraineté sur un territoire ont été la cause de la plupart des conflits à travers l’histoire. Un territoire serait un lieu sur lequel s’exerce un pouvoir.

La plupart du temps, le pouvoir ne suffit pas à justifier le volonté de posséder un territoire, la valeur qu’il possède, ses ressources naturelles et matérielles sont aussi des éléments qui feront ou non son attractivité. Un territoire serait un espace qui produit des richesses.

La première notion de territoire lorsque l’on met en lien ces notions : peuple, richesse, pouvoir. Ce sont les états.

La situation géographique et politique actuelle est étroitement liée à la colonisation et à la décolonisation. C’est ce passage de l’histoire du continent qui en a façonné l’organisation et qui est encore à la base de la structure de la plupart de ces états. La décolonisation a permis au modèle occidental d’état nation s’installer en Afrique.

Hors, l’organisation du territoire pour un peuple nomade ne peut fonctionner en fonction de ces critères. Pour eux, le territoire existe mais il est mouvant. Fonction du commerce, de la météo et des richesses. Il s’aborde différemment que dans un modèle sédentaire. Pour nous, un territoire, c’est une aire, une surface donnée, délimitée et la plupart du temps stable. Ici pour ce peuple nomade, le territoire est plutôt comme une constellation, des points à relier entre eux, connectés par des routes elles mêmes mouvantes.

Cette culture répond aux caractéristiques naturelles d’un tel espace qui ne permettent pas l’entretien d’une population nombreuse et sédentaire.

Le conflit est né de l’existence même de frontières d’états au cœur d’un territoire mouvant. États qui veulent évidemment contrôler les flux de personnes et de marchandises.


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