Publié par : YN | 13 août, 2008

Vive le Dalaï Lama ! Vive le Tibet libre ! Vive la Chine !

Il y a quelques années, en vacances dans le Queyras, je me suis rendu un soir pluvieux à une réunion organisée par une association Free Tibet quelconque.

Le thème de la réunion était intéressant a priori, une femme s’était rendue à Lhassa pour la seconde fois de sa vie.

Elle avait rapporté des photos de chacun de ses voyages et comparait. L’évolution de la ville était flagrante, de larges avenues sont percées, les maisons traditionnelles sont détruites et remplacées par des malls. De grandes places sont ouvertes. Et sommet de l’horreur, la vidéo surveillance faisait son apparition dans tous les points sensibles de la ville.

Elle a donc décrit la disparition du patrimoine tibétain mise au service de l’annihilation de la culture tibétaine et de toutes ses richesses. Cette stratégie ne pouvait donc selon elle que révéler l’intention de faire disparaître la culture tibétaine ou tout au moins de la reléguer au rang de curiosité ou de relique du passé.

L’unanimité se faisait donc autour de cette thèse.

C’est alors qu’il m’a pris la mauvaise idée de chercher à nuancer la question. Mais il est des lieux où chercher à faire entendre une voix même pas discordante seulement appelant à mettre en perspective n’est pas la bienvenue.

En effet, j’ai cherché à avancer l’idée que comparer Lhassa à 2 époques est une approche trop limitée pour bâtir une conclusion exacte.

La première chose à faire serait de considérer la Chine dans son ensemble. Il est intéressant de constater qu’en matière de surveillance et d’urbanisme, les méthodes déployées dans le reste de la Chine ne sont pas réellement plus tendres. Des millions de personnes déplacées pour la construction du barrage des 3 gorges et des milliers d’autres ont vu leur maison détruite pour bâtir les nouveaux buildings de Pékin ou les ports de la côte.

Il est également intéressant de se pencher un peu plus sur le rapport à la ville que peuvent avoir les asiatiques par rapport aux européens. Si en France,  la préservation du patrimoine est devenue au 20ème siècle un obsession, ce n’est pas le cas en Asie ou l’on aura tendance à remplacer par du neuf s’il est plus fonctionnel et plus efficace que l’ancien.

L’objectif du gouvernement chinois est donc de tout faire pour que le Tibet soit une province comme les autres et pour cela utilise les mêmes méthodes que dans le reste de la Chine.

Cette simple relativisation n’avait que le but d’élargir le problème, le Tibet est objectivement opprimé mais cela ne fait que dissimuler l’asservissement beaucoup plus large d’une grande partie du peuple chinois.

Mais cela a suffi à me faire traiter de pro chinois et pour des supporter du pacifisme prôné par le Dalaï Lama, j’ai été surpris par la violence des propos qui ont été tenu lorsque j’ai émis cette hypothèse.

J’ai donc préféré battre en retraite avant de me faire lapider.

La prochaine fois, pour avoir un vrai motif de déclencher une émeute, je reviendrai sur le régime théocratique et totalitaire qu’était celui du Tibet avant l’invasion par la Chine.

Mon seul objectif était d’émettre l’idée que tout n’est pas tout blanc ou tout noir et qu’il faut parfois savoir élargir sa réflexion pour comprendre un problème.


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